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    L'enfant des Loups (part 3)

    ... Suite et fin du chapitre 1.


    Quand elle rouvrit les yeux, elle était étendue à même le sol dans un endroit sombre et inconnu. Elle voulu se redresser mais le mouvement réveilla une vive douleur et elle retomba au sol. Elle se sentait mal, avait envie de vomir. Elle se roula sur le dos et regarda au-dessus d’elle. Il y avait un plafond de poutre et de stuc. Elle tourna alors lentement la tête à droite puis à gauche et réalisa qu’il y avait des murs tout autour d’elle. Prisonnière. Elle ouvrit de grands yeux agars et commença à sentir la crainte monter en elle. Elle tenta de se remémorer ce qui s’était passé, mais c’était encore trop flou dans son esprit et elle avait comme des mains invisibles qui enserraient son crâne. Elle s’assit. Et remarqua alors qu’à l’une de ses chevilles, on avait fixé une chaîne. Instinctivement, elle la saisit et commença à tirer sur cette entrave. D’abord calmement, puis de manière de plus en plus paniquée. Elle en vint à tirer comme une bête furieuse, puis à tenter d’user le métal de ses dents. Peine perdue. Elle ne se fit que d’avantage de mal. Elle abandonna la chaîne et se mit à arpenter la pièce close de long en large, cherchant une issue. C’est là qu’une lumière aveuglante inonda sa prison. Elle se recroquevilla dans un coin, plissant les yeux et protégeant son visage de son bras.

    « Réveillée ? J’ai cru que tu ne reviendrais jamais à toi. »

    Dara, effrayée, ne comprit pas tout ce que lui disait cette voix. C’était le langage des hommes et cela faisait longtemps qu’elle ne l’avait pas entendu ou utilisé. Elle se mit à grogner.

    « Décidément, tu continues à te prendre pour une louve. »

    Dara fronça les sourcils, oubliant sa peur et reprenant le contrôle d’elle-même. Elle connaissait cette voix. Elle avait un peu changée, était plus grave mais, c’était bien la même voix. Elle se remit à grogner, mais elle était plus menaçante.

    « Calme-toi. Personne ne t’entendra ici. Et si je vais chercher les villageois, tu risques de ne pas apprécier la rencontre. Ils ont un compte à régler avec toi, Dara. Mais rassure-toi, ils ne savent pas encore que tu es là.

    _ Naïlin ?

    _ Je vois que tu ne m’as pas oublié.

    _ Naïlin a frappé Dara ?

    _ Oui, c’est moi. Tu ne m’aurais pas suivie autrement. Je me trompe ? Tu m’aurais même sûrement attaqué.»

    La jeune fille se calma un peu, frottant sa tête endolorie, mais son regard restait noir. Elle essayait de distinguer les traits de son interlocuteur qui se cachait dans la lumière. Elle finit par se redresser pour lui faire face, même si le visage de l’humain restait difficile à distinguer.

    « Pourquoi ?

    _ Parce que je ne voulais pas te voir disparaître à nouveau. Deux ans que j’attends chaque nuit que tu réapparaisses pour venir chercher ça. »

    Il lui lança la fourrure froidement aux pieds. Dara s’agenouilla aussitôt pour la prendre dans ses bras. Elle ne comprenait pas ce qui avait poussé Naïlin à faire cela. C’était incompréhensible pour elle. Mais après tout, tout avait commencé à cause de lui.

    « Pourquoi ?

    _ Pourquoi ? Je pensais que tu l’aurais deviné. Je voulais que tu comprennes ce qui s’est passé il y a deux ans. Tu m’as abandonné.

    _ Toi dire moi sorcière au village !! Eux vouloir tuer Dara !

    Naïlin se tut un instant, fixant Dara qui le regardait avec une colère et une rancœur bien mises en évidence. La jeune fille avait toujours la fourrure serrée contre elle. C’est alors que Naïlin s’approcha d’elle et lui prit le poignet, lui faisant lâcher « Lenka » par son geste. Dara le repoussa violemment. Et l’examina. Il était dans la pénombre à présent, comme elle, et elle pu voir son visage. Il avait changé. Il n’avait plus rien d’un adolescent, et ressemblait à un homme à présent. Un homme que les travaux des champs et le labeur de la ferme avaient sculpté, à la peau teintée par le soleil. Mais il avait toujours ses troublants yeux verts. Dara en les voyant se radoucit. Et serra ses bras autour d’elle comme pour se protéger. Naïlin la regardait avec une expression désolée.

    « Je n’ai jamais voulu ça. Je ne t’ai jamais traitée de sorcière. Je leur ai juste raconté ce qui s’était passé chez Timnah. Quand elle est morte. Pourquoi l’as-tu tuée ? Que lui as-tu fais ?

    _ Dara pas tuer Timnah !! Dara aimer Timnah. Dara … pas avoir… sauver. Dara pas connaître bonnes plantes pour ça.

    _ Tu voulais la sauver ?

    _ Oui !!! Dara aimer Timnah… Dara aimer Timnah. Pas mal. Pas mal à Timnah.

    _ Et ce qui s’est passé ensuite ? Tu vas me faire croire que c’était pour son bien ? Tu as détruit sa maison ! Dara, tu l’as tuée.

    _ Nooon. »

    Dara se mit alors à avoir l’angoisse qui lui enserrait la gorge. Elle n’arrivait même pas à exprimer réellement ce qu’elle savait. Elle ne parlait pas assez bien. C’est d’ailleurs ce qui l’avait perdue il y a deux ans, ce qui avait perdue Lenka. Dara tremblait sous l’émotion et les larmes lui montaient aux yeux.

    « Timnah déjà morte. Dara triste, trop triste. Puis ça arriver.

    _ Ca ? Une gigantesque vague de vent a tout détruit. Je le sais, j’ai tout vu ! C’était de la magie. Une magie terrifiante qui a tout détruit en un instant. »

    Dara était à présent tétanisée. Elle-même ne pouvait donner une explication à ce qui s’était passé. Elle ignorait ce qu’était la magie. C’était quelque chose qu’elle n’avait jamais vu et encore moins étudié. Mais ce qui s’était passé après la mort de Timnah, Dara ne pouvait en donner l’explication. Elle ne savait même pas que c’était elle qui avait fait cela, dans sa peine, dans sa douleur. Elle ignorait ce qui l’avait provoqué. Seulement, Naïlin avait tout vu. Il en avait parlé au village et les gens avaient pris peur. Car comme Dara, ils avaient peur de ce qu’ils ne comprenaient pas. Ils l’avaient capturée, ramenée de force au village, maltraitée et battue. Ils l’avaient accusée de ce mot : sorcière. Dara ne savait même pas ce qu’il signifiait. Mais une sorcière devait être un prédateur très dangereux pour qu’on le traite ainsi. Dara n’avait jamais compris. Elle n’avait que subit leur châtiment. Et la meute était venue la sauver de leurs griffes, alors qu’ils s’apprêtaient à la brûler vive. C’est lors de ce sauvetage que Lenka était restée en arrière. Pour la protégée, pour ralentir les humains…

    Dara se tint brusquement la tête, entendant à nouveau de cri d’agonie de Lenka, entendant le hurlement de colère de Kern, sentant son corps blessé se laisser porter sur le large dos du loup géant dans une course folle.

    « Dara pas connaître magie ! Dara pas sorcière ! Dara juste triste… Dara juste colère… »

    Elle releva la tête et vit que Naïlin était à présent face à elle. Il la regardait avec une expression étrange. Il tendit une main vers elle.

    « Pourtant de la magie, c’est ce que tu as utilisé. Et j’ai voulu les arrêter. Je te le jure. Mais ils m’avaient enfermé ici. Ne voulant pas me laisser agir et tenter de te sauver. Dara… Ils disaient que tu m’avais ensorcelé moi aussi, que j’étais devenu ton pantin. Dara… Alors que… Dara. »

    Elle voulu se reculer devant cette main tendue, mais le mur derrière elle l’en empêcha.

    « Alors que je n’avais fait que t’aimer Dara. Nous étions que des gamins. Je ne voulais pas qu’ils te fassent du mal. Et quand j’ai parlé de ce qui s’était passé, je pensais que tu avais besoin d’aide. Sinon, je n’aurai rien dit. »

    Il s’approcha encore un peu d’elle et ses doigts finirent par effleurer sa joue encore crasseuse. Dara avait un regard perdu, elle ne savait que penser que dire. Elle n’était même pas sûre de bien comprendre tout ce qu’il lui disait. Elle ne sentait que ses doigts qui la touchaient. Et ce contact la perturbait. Elle ne savait pas si elle voulait fuir, le frapper ou bien le laisser continuer.

    « Naïlin pas avoir sauver Dara.

    _ Non, je n’y suis pas arrivé. Je n’avais que 15 ans, Dara. Contre un village tout entier. Je n’ai rien pu faire… Pardonne-moi. J’ai tout gâché.

    _ Gâché ? Dara pas comprendre gâché.

    _ J’ai fait une grosse erreur et je suis triste de l’avoir fait. »

    Dara sentit son cœur se mettre à battre trop fort. Comme par le passé. Dara n’avait jamais compris pourquoi son cœur battait comme quand elle avait couru, juste parce qu’il était près d’elle. Et ça recommençait. Elle se mit à trembler submergée par trop d’émotions qu’elle ne maîtrisait pas. Alors, sentant qu’elle perdait le contrôle d’elle-même, elle repoussa Naïlin violement et fila à l’autre bout de la pièce. Elle ne dit rien, ne trouvant les mots dans la langue des hommes pour dire ce qu’elle voulait. Naïlin le regarda. Et son seul regard finit de paniquer Dara. Il n’avait jamais eu ce regard pour elle. Mais elle su d’instinct que cela n’annonçait rien de bon. Elle se remit à tirer sur sa chaîne et à crier. Naïlin s’était approché.

    « Tu ne me pardonneras jamais, n’est-ce pas ? Je suis le traître qui t’a dénoncée au village. Mais je sais ce que j’ai vu. Et c’est bien toi qui as utilisé ce sortilège. Et je t’ai vu t’effondrée inconsciente sur le sol. J’ai cru que tu étais morte Dara !!

    Dara se ressaisit. Les paroles de Naïlin et son regard étaient en contradiction. La jeune fille sentit que quelque chose clochait. Elle ignorait quoi, car ni les animaux ni elle ne savaient ce qu’était le mensonge. Mais Dara n’en fut pas dupe pour autant. Elle se remit à grogner.

    « Naïlin plus parler. Naïlin dire chose étranges avec ses mots et dirent autres avec ses yeux. »

    Le jeune homme se figea une seconde. Il était démasqué. Oui, il lui avait menti. Car c’était bien lui qui l’avait traitée de sorcière et avait monté le village contre elle. Il la toisa alors de toute sa taille et l’examina froidement. Puis il se dirigea vers la porte. Dara se sentit soulagée qu’il s’éloigna, pensant être enfin débarrassée de lui. Mais il ne fit que fermer la porte. S’enfermant avec elle. Puis il s’approcha d’elle d’un pas décidé. Dara ne savait comment réagir et elle le fuit tant bien que mal, entravée par la chaîne.« Bien, je crois que ça n’est plus la peine de jouer la comédie. Oui, c’est moi qui t’ai dénoncée. »

    Dara ouvrit de larges yeux. Elle venait d’apprendre ce qu’était le mensonge. Et qu’elle détestait déjà cela. Il n’y avait que les humains pour croire qu’ils pouvaient dire des choses que leur corps contredisait. Dara était furieuse. Elle avait toujours considéré Naïlin comme le déclencheur de cette histoire, pas le responsable. Elle en fut profondément déçue.

    « Pourquoi ?

    _ Parce que tu m’as repoussé. Je t’aimais Dara. Je te trouvais si belle. Si différentes des autres filles du village ou des environs. Et quand je t’ai dit ce que je ressentais, tu n’as rien dit. Tu es partie sans un mot, sans un signe. Rien. Tu m’as juste laissé. Ca m’a brisé le cœur. »

    Dara le regarda avec un regard interrogateur. Elle ne comprenait pas de quoi il voulait parler. Elle ne sut que répondre et resta à le regarder en silence.

    « Et tu continues ! J’ouvre mon cœur et tu ne dis rien. Qu’es-tu donc ? Qu’as-tu à la place du cœur ? »

    _ Ouvrir son cœur ? Repoussé ? Comment Naïlin vivant si cœur ouvert ? Dara pas repoussé Naïlin. Naïlin pas son ennemi…

    _ … »

    Naïlin resta muet. Elle n’avait tout simplement pas compris ses mots mais pour lui, elle se moquait, elle ne pouvait que comprendre. Tout le monde connaissait l’amour, les sentiments, la séduction et les mots qui s’y rapportaient. Il ne comprenait pas que Dara avait un tout autre langage pour cela. Celui des gestes et du corps.

    « Ne te moque pas de moi ! Je t’aime Dara !

    _ Dara aussi aimer Naïlin. Mais Naïlin trop étrange. »

    Leurs cultures trop différentes avaient créé un fossé invisible dans lequel les deux anciens amis étaient tombés sans le savoir. L’un croyant comprendre l’autre. Alors que même sur ces deux dernières phrases, ils étaient dans l’erreur. Naïlin était tombé amoureux de Dara, il y a avait de cela plusieurs années. Alors que Dara n’avait jamais vu en lui qu’un frère, comme deux louveteaux nés de la même portée. Tous les deux s’aimaient oui, mais de manière trop différente. Et ce qui suivit ne fut qu’une conséquence de plus de leur incompréhension.« Je suis étrange parce que je ne sais plus que faire. Je t’aime. Je t’aime depuis trop longtemps. Et j’ai fait des erreurs d’avoir cru que tu ne m’aimais pas. »

    Dara se sentit soudain soulagée. Elle s’approcha même de lui. Et à son tour, imitant son geste, elle posa ses doigts sur sa joue. Naïlin leva alors des yeux surpris. Surprise qui se transforma très vite en une joie silencieuse. Dara fut contente que son simple geste le réconforte. Mais Naïlin ne se contenta pas de cette simple caresse. Croyant à présent son amour partagé, il se jeta presque sur elle, entourant son visage de ses mains et embrassa presque avidement ses lèvres. Dara se figea de stupeur, écarquillant les yeux et son corps se paralysant. Sans réfléchir, comme un automatisme, elle faucha alors les pieds du jeune homme avec un mouvement de balayette de son pied droit. Il finit au sol avant même de comprendre ce qui lui arrivait.

    « Naïlin fou ? Pourquoi manger Dara ? »

    Naïlin la regarda complètement incrédule. D’abord prêt à s’énerver de s’être fait mettre à terre, il éclata simplement de rire. Dara le regarda un sourcil levé. Elle avait bien sûr vu des humains rire. Elle aussi riait parfois. Mais pas après avoir été frappée.

    « Naïlin fou.

    _ Non, Dara. Non, je ne suis pas fou. »

    Il mit une bonne minute à se calmer. Il resta assis au sol, les jambes croisées et les mains sur les genoux. Un sourire amusé aux lèvres.

    « Non, je ne veux pas te manger. C’est comme ça que les humains montrent qu’ils s’aiment.

    _ Humains bizarres. »

    Naïlin rigola de plus belle. Oubliés les souvenirs sinistres, le passé noir. Ils étaient à nouveau comme par le passé. Trop proches… Naïlin invita de la main Dara à venir vers lui. La jeune fille se mit à marcher de droite et de gauche, nerveusement, ne sachant que faire.

    « Je ne te veux aucun mal Dara. Je veux juste d’avoir contre moi. Et te montrer que je t’aime.

    _ Comme humains faire ?

    _ Oui. »

    Dara fit une moue perplexe puis s’approcha finalement de Naïlin. Après tout, il était au sol, en dessous d’elle, en position de soumission chez les loups. Dara pensa alors qu’il la considérait comme chef et demandait un peu de reconnaissance. Dara n’y vit aucun mal. Elle le regarda et sans s’agenouiller, elle se pencha pour venir à son tour « manger » ses lèvres. Elle trouva cela agréable cette fois. Comprenant à présent pourquoi les humains faisaient cela. Naïlin lui se laissait faire, trop heureux de la voir accepter. Cependant, le baiser se prolongea et Dara sentit une chaleur étrange l’envahir. Quelque chose qu’elle n’avait jamais ressentit et qui le troubla au plus haut point. Elle se recula soudain. Aucun contact avec les loups n’avait provoqué cela chez elle. Elle voyait Naïlin face à elle, toujours assis et souriant à sa réaction. Elle sentait quelque chose dans son ventre, comme un cri de son corps, et, lui, il souriait. Elle n’y comprenait plus rien. Cela lui faisait peur et en même temps cette chaleur commençait à lui tourner la tête. Elle se recula d’un pas, avec les bras croisés devant elle dans un geste instinctif de défense. C’est Naïlin qui devant son trouble saisit sa main et la ramena lentement vers lui.« N’ai pas peur.

    _ Dara bizarre, ici.»

    Elle montra son ventre. Naïlin la dévora alors des yeux. Elle était nue devant lui, et seuls ses longs cheveux noirs couvraient par endroits sa peau.

    « C’est normal. Les femmes peuvent ressentir cela quand elles embrassent. Ca veut dire que tu aimes que je t’embrasse.

    _ Pourquoi ? »

    Naïlin se sentit un peu désarmé. Elle ne savait rien. N’avait jamais connu d’homme, ni même de désir. Mais elle ne se refusait pas. Il était aux anges. Il l’invita alors à venir contre lui. Dara, d’abord méfiante, se laissa faire. C’était une coutume étrange pour elle. Ne ressemblant à rien de ce qu’elle connaissait. Pourtant elle était curieuse d’en savoir plus. Naïlin, passa alors une main dans sa lourde chevelure de jais.

    « Je ne sais pas pourquoi. C’est comme ça. Viens, je vais te montrer d’autres manières de montrer son amour.

    _ Non, Dara montrer aussi. Comment loup faire.

    _ Comme les loups ? Je ne sais pas. Si tu veux après tout. Tu ne vas pas me mordre hein ? »

    Dara se contenta de sourire. Mais elle réalisa alors qu’elle avait toujours sa chaîne. Elle tira un peu sur l’entrave de métal en la montrant à Naïlin. Celui-ci comprit et sortit une clé de sa poche. Il la glissa dans la serrure et Dara sentit un grand poids disparaître de sa cheville.

    « Pardonne mon geste. Je ne savais vraiment pas comment tu réagirais si je t’avais simplement parlée. Allez, viens, montre-moi comme les loups aiment. »

    Dara se jeta alors sur lui et le fit basculer au sol, le faisant rouler au sol avec elle. Elle se redressa ensuite, ravie et les cheveux en bataille avant de venir lui mordiller le cou. Naïlin n’avait rien vu venir et resta incapable de savoir quoi faire. Dara sautilla en arrière, jouant comme un louveteau. Naïlin se laissa d’abord faire, mais le jeu innocent de Dara ne l’était pas du tout pour lui. Il se redressa et s’avança avant de venir faire rouler Dara au sol, comme elle l’avait fait elle-même, mais lui, la bloqua sous lui. Pour Dara, tout ça n’était qu’un jeu jusqu’à cet instant précis. Elle se sentit en position de faiblesse. Sur le dos, sous Naïlin, c’était le signe qu’il voulait lui imposer son rang. Dara le regarda d’abord avec de l’incompréhension dans le regard puis avec de la méfiance.

    « Naïlin lâcher Dara.

    _ Non. Je n’ai pas envie de te laisser partir. Pas plus maintenant que tout à l’heure.

    Dara lui lança un air de défi car elle se savait être la dominante de sa meute et ne comptait pas se laisser humilier ainsi. Elle lui mordit la main jusqu’au sang. Naïlin retira sa main en criant.

    « Folle ! Mais enfin qu’est-ce qu’il te prend !! »

    Dara profita du mouvement réflexe du jeune homme pour sortir de son étreinte. Elle se remit sur pied et se planta face à lui, à nouveau plus haute que lui. Naïlin sentit la colère monter en lui, car il pensait que Dara se moquait à nouveau de lui. Il la fixa. Et sans prévenir se jeta sur elle. Dara tenta de l’esquiver, mais n’y parvint pas et se retrouva ceinturée. Sous sa force et le poids de son corps, Naïlin la fit tomber lourdement au sol. Dara se sentit tomber, sans pouvoir résister et une fois à terre, se mit alors à s’agiter pour le repousser. En vain. Naïlin n’était plus maître de lui-même et il se mit à la caresser sauvagement, à l’embrasser, à toucher ce corps qui jusque là, lui avait été interdit. Dara se mit à paniquer et à crier.

    « Je te l’ai dit, personne ne t’entendra. Aller, laisse-toi faire.

    _ Nooon, Naïlin, non ! »

    Mais il ne l’écoutait pas et ses gestes firent monter en Dara une panique irraisonnée. Ses mains et ses lèvres parcouraient à présent avidement sa peau, son cou, sa gorge, ses seins tandis qu’elle se débattait comme une vraie diablesse. Mais rien à faire, plus elle se débattait, plus Naïlin semblait perdre l’esprit. Et à nouveau cette chaleur qui l’envahissait, incontrôlable et qui la répugnait à présent. Peu à peu, il vint plaquer son bassin contre le sien. Ce geste, Dara le comprit. Horrifiée de réaliser que Naïlin voulait la faire sienne comme une vulgaire louve esseulée, c’est de plus belle qu’elle se débattit.

    « Non, Naïlin, non. Dara pas vouloir, Non.

    _ Tais-toi, ça ne sert à rien. C’est ainsi que les hommes aiment. Je te veux Dara. Depuis trop longtemps ! »

    Dara hurla alors à la mort, tentant de le griffer et de le mordre, mais il avait bloqué ses bras au sol. Se battre contre les loups, elle savait faire, connaissant leurs points faibles. Mais les humains, elle ne les avait jamais approchés d’assez près pour savoir où frapper. Alors elle se débattait comme elle pouvait, paniquant à chaque instant un peu plus…

    Naïlin lui faisait à présent bien plus peur que bon nombre de dangereux prédateurs des bois. Elle sentait le souffle haletant de celui qu’elle voyait à présent comme un adversaire, sentait aussi son haleine et ses mains. Tout cela la répugnait de plus en plus, la rendant à moitié démente. Mais la vie dans les bois lui avait forgé bien plus de force de caractère qu’elle ne l’aurait cru et après la peur instinctive, c’est le caractère froid, calculateur et implacable de la louve acculée qui l’envahi tout à coup. Elle cessa de se débattre et fixa Naïlin avec toute la haine qu’elle était capable de ressentir. Elle se mit à grogner, et à montrer ses dents comme un loup aurait montré des crocs. Lui, la sentant tout à coup différente, tourna son attention vers son visage, se redressant un peu.

    « Tu n’impressionnes personne, Dara. Tu devrais te calmer et apprécier le moment. Tu vas voir, je t’assure que tu vas aimer.

    Elle lui répondit que par un grognement plus marqué. Il glissa alors les deux poignets de Dara dans une seule de ses mains, toujours en les plaquant contre le sol poussiéreux. Elle, elle se laissa faire, attendant maintenant une ouverture. Il déposa alors sa main libre le long de la joue de Dara, une main caressante, avant de la descendre d’avantage. Sur son sein, son ventre, il en vint à la mener jusqu’à la lanière qui tenait son pantalon. Dara sentit qu’elle avait sa chance, dans cette sorte de calme tendu. Elle le laissa faire sans le quitter une seule seconde des yeux. Elle ne bougeait plus mais ses muscles étaient détendus. Naïlin ne parvint pas à défaire la lanière sans baisser les yeux pour voir ce qu’il faisait. Et l’attaque fut alors fulgurante. Dara projeta sa tête en avant et vint mordre l’épaule offerte de Naïlin. Elle le mordit avec une telle violence que le sang lui gicla à la figure, mais ça, elle n’en avait que faire. Son attaque prit tellement le jeune homme au dépourvu qu’il lâcha sans réfléchir l’emprise qu’il avait sur elle, criant déjà sa douleur et s’éloignant d’elle. Les mains libres, Dara saisit alors les fers qui entravaient sa cheville quelques instants plus tôt et qui reposaient au sol non loin d’elle pour frapper Naïlin de toutes ses forces avec le lourd morceau de métal. Naïlin fut projeté au sol et son corps resta inerte aux pieds d’une Dara déjà débout, le souffle court et les muscles tremblants sous la violence de ce qu’elle ressentait. Sans savoir le pourquoi de ce geste, plus humain que loup, elle cracha sur ce corps immobile. Et laissa la chaîne ensanglantée retomber lourdement sur le sol.

    « J’aurai du me méfier. Les Hommes sont bien tous les mêmes. Et toi Naïlin, tu es peut-être le pire de tous. Je sais à présent que ma place n’est pas parmi vous. Je suis une louve et je le resterai jusqu’à ma mort. Plus aucun Homme ne me touchera. Je le jure sur le disque blanc nocturne de la Terre-Mère. »

    Elle eut alors un soupir de soulagement et regarda autour d’elle. Il y avait la peau de Lenka qui traînait dans la poussière. Elle la ramassa alors vivement et sans un regard en arrière, elle ouvrit la porte de sa cage, lentement, inquiète de ce qu’elle trouverait derrière. Mais elle ne vit qu’un champ en jachère, bien éloigné du village qu’on apercevait à peine en contrebas. Le soleil allait se lever sur les cimes des arbres qui bordaient le lieu. Elle glissa à l’extérieur du cabanon et referma la porte derrière elle, abaissa sans aucune hésitation la lourde barre de bois qui la loquait.

    « Ce sont les créatures abjectes comme toi qu’on doit enfermer, Naïlin. Mais au moins maintenant, je n’ai plus aucun regret. J’avais raison depuis le début, aucun humain ne vaut qu’on s’y intéresse. »

    Et elle partit en courant à travers les herbes hautes, la fourrure de Lenka fermement serrer dans ses bras. Elle ne sut pas vraiment pourquoi, mais elle sentit qu’elle avait la mâchoire crispée et les larmes au bord des yeux. Ce fut la dernière fois que Dara, la femme louve, fut vue à l’extérieur de la forêt de Talinn.

    Salky s’était approchée de Kern d’une démarche lente, entravée par les jeux de ses louveteaux. Le matin était jeune et les loups adultes qui avaient chassés une bonne partie de la nuit se reposaient à présent, pendant que les jeunes s’éveillaient autour de leur mère. Kern n’était pas parti chassé cette nuit-là. Il s’était contenté de ramener un daim, que la meute avait dévoré sans hésitation. Salky s’était assise à côté de lui, le sentant songeur.

    «Peut-on savoir le pourquoi de ton silence ? »

    Kern tourna la tête vers la louve blanche pour replonger ensuite son regard vers l’étendue de verdure qui s’offrait à leurs regards en ces premières heures du jour.

    « Dara n’a toujours pas fait le deuil de Lenka. J’ai peur qu’elle ne finisse par faire une bêtise.

    _ … Et qu’elle retourne au village des Hommes ?

    _ Oui. Où qu’elle ne parte plus loin encore.

    _ Et où serait le mal. Les loups aussi quittent un jour la meute pour en former une autre. Tu ne veux donc pas qu’elle trouve sa place et qu’elle apprenne à être adulte ?

    _ Bien sûr que j’aimerai qu’elle trouve sa voie. Et sa voie sera parmi les Hommes, un jour où l’autre, elle devra le comprendre. Mais en même temps, qui sait quels dangers qui la guettent à aller sur leurs terres. Elle ne doit pas quitter notre territoire. Elle est aujourd’hui devenue trop louve pour pouvoir vivre chez les hommes.

    _ Avoue que c’est ce que tu as toujours voulu.

    _ C’est faux !

    Kern regarda alors Salky avec une colère mal contenue. Puis croisant le regard doux de la louve géante, il se radoucit. Elle aussi était devenue un peu comme sa fille… Et il traitait Dara et Salky avec la même affection.

    _ C’est faux, mais c’était ce que souhaitait Lenka par contre. Elle me le répétait souvent. Que Dara ne devait pas quitter Talinn, jamais. Et je faisais confiance à son jugement, surtout que je sais que le monde de l’extérieur sera dur et impitoyable pour Dara. Elle ne pourrait pas y être heureuse et en sécurité. Elle est encore trop jeune.

    _ Trop jeune ? Même pour une humaine, elle n’ai plus tout à fait une enfant.

    _ Elle… C’est différent.

    _ Différent en quoi ? Tu es surtout trop protecteur. Ne l’étouffe pas trop où elle finira par s’envoler.

    _ Ca n’a rien à voir. Elle est trop jeune, c’est tout.

    _ Têtu comme le chêne face à la tempête. Fais comme tu veux, tu es son père, mais écoute l’avis d’une jeune louve. La curiosité la poussera sur ce chemin inconnu. Un jour, elle voudra en savoir plus.

    _ Moi, je ne crois pas. »

    C’est une troisième voix qui s’était élevée derrière eux. Dans la lumière pâle du matin, Dara se tenait debout, la peau de Lenka sur l’épaule. Elle avait le visage dur et fermé, trahissant les stigmates de cette nuit éprouvante. Elle posa la précieuse fourrure au sol, la caressant encore une fois.

    « On quitte ce territoire, dès aujourd’hui. Lenka est à nouveau avec nous, nous pouvons partir vers le cœur des bois, loin des Hommes et de leurs terres. »

    Les deux loups l’examinèrent avec étonnement avant de se regarder l’un l’autre. Kern s’avança alors vers la fourrure, d’un pas un peu lent et que l’émotion rendait hésitant. Il leva le museau vers Dara qui debout le fixait avec une étrange lueur au fond des yeux. Kern sentit qu’il s’était passé quelque chose, mais sentit également qu’il ne fallait mieux rien demander. Elle était en vie, c’était le principal. Il s’avança sous un regard presque fixe de Dara et glissa alors le bout du museau dans la fourrure blanche avec une émotion palpable. Aucuns mots ne furent échangés durant un long moment, autour de cette dépouille si belle et si macabre.

    Le soir même, les Loups Géants disparurent de la région de Kalaag. Telles des ombres furtives et fantomatiques, ils s’enfoncèrent en file indienne dans les tréfonds de Talinn, dans cette partie de la forêt où aucun humain n’osait s’aventurer. Dara ferma leur marche et sans un regard en arrière, menant sa meute loin de tout ce qui lui rappelait les humains.

    Y' a des jours comme ça...

    Il est de ces matins où l'on se dit qu'on aurait mieux fait de rester au lit, mais on a pas toujours le choix. Pas que des catastrophes me soient tombées sur le coin du nez, non, mais quelque chose de plus insidieux. J'ai envie de rien, je me sens vaseuse, j'ai la nuque raide et douloureuse, un sentiment d'inutilité... Bref, un matin de déprime. Après pourquoi? Ca c'est une bonne question... Y'a une foule de raisons et en même temps aucune vraiment précise. En fait si, il y en a une, une seule, la seule... Et quand j'y pense j'ai envie de pleurer car j'ai beau relever la tête et avancer, j'ai une blessure béante qui ne veut pas se refermer. Et ce matin, je n'arrive pas à relever la tête. Je repense à ce qui s'est passé il y a tout juste un mois et ce matin, j'ai aucune envie de lutter pour me relever... Mais il le faudra bien. Je n'ai pas le choix. J'ai les larmes aux bords des yeux...
    Allez debout ma fille... Demain ça ira mieux.
    Après tout à quoi ça sert de se morfondre? Ca ne changera rien à ce qui s'est passé. Et j'aurai tellement voulu que les choses se passent autrement. Pourquoi ai-je tant tarder à dire ce que j'avais sur le coeur? Ironie du sort? Acte manqué? Peur? Je n'ai jamais eu beaucoup de chance dans ce domaine...
    Bon, je vais aller m'abrutir sur mon illustration, la musique à fond dans les oreilles et un noeud dans la gorge.
    Aller, demain ça ira mieux.

    Sinon, merci pour vos commentaires de soutien vis à vis de mon "altercation" avec DeviantART, ça fait du bien. Depuis j'ai enfin eu une réponse de l'help desk de DA (4 jours après...). Bref, ils m'ont rapidement expliqué qu'ils avaient établi une règle selon laquelle, toute pose "sexuelle", hormis avec des personnages habillés, était proscrite. Ok, si c'est une règle établie je la respecte, mais il n'en reste pas moins que leur système marche grâce à la délation, comme la gestapo! Et leur note automatique est d'un froid et d'un tranchant glacial. Je peux comprendre que certains abusent et dénigrent les règles volontairement. Mais quand c'est par ignorance, ce genre de texte tombe comme un couperet denué de respect et d'humanité...
    D'ailleurs en parlant de respect, j'ai su qui avait dénoncé mon illustration: cette américaine, dont je tairais le nom, clame suivre et aimer mon travail depuis longtemps! Et pour le prouver au lieu de me contacter pour me dire que ma deviation brisait les règles de DA, par une simple note, elle est allée pleurer directement chez les administrateurs: belle preuve de respect, n'est-ce pas? (Grrrr) Et quand je lui ai posé la question, elle a répondu qu'elle savait que ça allait provoquer une conversation inutile et stérile parce que j'aurai refusé de retirer mon image à sa simple demande... Cette fille ne me connait vraiment pas. Mais plutot que d'agir en adulte, c'est tellement plus facile d'aller se plaindre comme un bébé auprès des Admin. Affligeant...
    Cette fois, j'arrête d'y penser. De déprime et vais finir par me mettre en colère. Parce que cette image était liée à ce qui s'est passée il y a un mois et que deux coups de poignards en plein coeur à un mois d'écart, ça fait mettre un genou à terre... Fichue journée.

    Deviantart? non, Deviantbusiness oui!

    Ce billet est un coup de gueule pur et simple.
    Samedi, j'ai reçu une note automatique sous Deviantart, site où je possède une galerie de mes travaux. Voici le contenu de la note privée que j'ai reçue:

    VyrL,

    An administrator has removed your 1 deviation as being a violation of official deviantART policy.

    Title: In shadowy light of a new dawn
    URL: [link]
    Submitted: 2007-03-24 6:43:08 am

    Your 1 deviation may have been judged to be:
    &nbps; 1. Racist, or bigoted.
    &nbps; 2. Anti-Semitic or other otherwise directly offensive to a philosophy or religion.
    &nbps; 3. Directly insulting to an individual or group.

    Alternatively it may have featured:
    &nbps; 1. Underage nudity.
    &nbps; 2. Sexual acts or “adult toys”.
    &nbps; 3. The gratuitous display of genitalia.
    &nbps; 4. Real life self-mutilation or injury.

    It is also possible that the content of your deviation did not match one of the above suggested reasons but was still judged to be in violation of one or more of our policies. If you routinely submit offensive content you may have your account suspended for a period of time or banned.

    If you feel this removal was in error, or have questions regarding it, then please visit the deviantART Help Desk in order to submit a Policy Violation Inquiry. Be certain to include the above link and title of your deviation in your inquiry for a prompt response.

    Please do not reply to this note as it is an automated process and will not be answered and please do not bring these issues into the Forums or other areas of deviantART.

    Thank you,
    deviantART staff

    Après avoir lu ça, je me suis précipitée sur ma galerie pour découvrir que mon image avait été bel et bien supprimée sans préavis. J'étais outrée! Car pour cette image, d'un couple nu enlacé et s'embrassant, j'avais utilisé un filtre de Deviantart, appelé "Mature content". Ce filtre est là pour avertir qu'une image n'est pas tout public.
    J'ai alors publié un billet dans mon journal pour avertir les gens qui appréciaient cette image qu'elle ne leur serait plus accessible car censurée par le Staff de DeviantArt. Les réactions ont été très vives, car ceux qui connaissaient cette illustration on été outrés qu'on la censure comme une vulgaire image pornographique, chose qu'elle n'était pas!! Sensuelle oui, pornographique, jamais!!

    Et la polémique grandissant, j'en ai lu des vertes et des pas mûres. Pour ceux qui comprennent l'anglais, je vous propose d'aller voir ce qu'on posté certains sur le forum de DeviantArt suite à mon journal, qui a fait la première page du site pour sa popularité (je m'en serai bien passé) : page du forum

    J'avais annoncé que je supprimerai cette page de journal suite à la réponse du staff de DeviantArt, auquel j'ai demandé un deuxième avis. Je l'ai finalement supprimé, écoeurée et désabusée. Et sans réponse du staff qui malgré leur promesse de réponse sous 48 heures!! Je trouvais leur manière de procéder totalement humiliante et dénuée de sens humain. Je demandais juste quelque chose de moins impersonnel, mais j'ai pu voir que ce site n'a rien d'artistique. C'est qu'un business qui n'a aucune considération pour les artistes qui y sont inscrits. C'est une véritable honte. J'ai donc pris ma décision, je vais créer mon propre site. Je mettrai donc l'intégralité de mon oeuvre et les grandes versions uniquement sur ce site personnel. Et je garderai mon compte DeviantArt avec des aperçus de petites tailles des travaux déjà existants, et mettrais mes nouveautés en petit aperçus avec un lien avec les grandes versions de mon site (enfin pas toutes mes oeuvres... seulement les politiquement correctes). Et je supprimerai mes prints après avoir averti mes fans. DeviantArt se sert de moi pour se faire du fric, je vais me servir de DeviantArt pour continuer à me faire connaitre.

    J'avais une vision utopique de ce site. J'ai réalisé que je me trompait énormément...


    L'image incriminée: aperçu ( avec version intégrale en lien sur l'image pour + 18 ans uniquement )

    L'enfant des loups (part 2)

    (suite du chapitre 1 - Dara)

    Kalaag était un village isolé, à moins d’une heure de marche de la frontière nord du territoire des loups. Les habitants y étaient peu nombreux, pas très instruits et superstitieux, évitant le plus possible de venir dans la forêt qu’ils pensaient maudite. Dara n’avait pas remis les pieds dans ce village humain depuis la tragédie. Pourtant, elle y était venue plus jeune à d’assez nombreuses reprises, encouragée par Timnah à connaître davantage son peuple. Dara n’avait jamais été vraiment convaincue du bien fondé de ces visites où les gens la regardaient comme une bête curieuse. Elle ne se sentait pas du tout humaine, surtout dans ce qu’ils appelaient des vêtements... Elle se pensait, se sentait et vivait comme une louve et ce malgré l’éducation qu’avait essayé de lui enseigner la vieille femme. Si elle était venue à Kalaag par le passé, c’était bien pour lui faire plaisir. Et au final, pour leur malheur aussi.

    Dara était encore à l’orée du bois, observant les allées et venues des habitants depuis les hautes branches d’un vieux chêne. Elle vit surtout des hommes en armes, une sorte de milice qui n’existait pas deux ans plus tôt… Mais des humains,  Dara n’en avait plus peur. Il est vrai qu’ils avaient failli la tuer. Mais en deux ans, la jeune femme avait fait de gros progrès en combat. La plupart n’étaient que des paysans qui savaient bien mieux manier la fourche que l’épée. Non, la seule chose qui attira vraiment son attention était une belle fourrure blanche qui ornait les portes de la ville. De hautes portes en rondins de bois, qu’un chemin de ronde surplombait. La peau de Lenka se trouvait juste en dessous à l’abri des intempéries. La tête de la louve géante y était encore présente. Dara fulminait. Cette dépouille était une véritable provocation. Et ce depuis trop longtemps. Elle vit les chemins qu’empruntaient les gardes, estima leurs forces… Les portes étaient ouvertes, ce qui ne facilitait pas sa tâche. Elle allait être vite repérée. Mais en même temps, c’était un peu ce qu’elle recherchait. Elle aurait eu une excuse pour se défendre et faire couler le sang. Après deux bonnes heures de patience et d’étude, elle se décida enfin. Sur le chemin de ronde, il n’y avait qu’un vieil homme. Elle savait que c’était le bon moment. Elle se laissa alors rapidement glisser au sol dans une souplesse silencieuse. Et une fois sur ses deux jambes, elle partit comme une flèche en direction des portes, sa machette à la main gauche. Ses pieds nus foulaient à peine l’herbe grasse et jeune qui entourait Kalaag, elle semblait courir sur l’air. Ses cheveux flottant derrière elle, comme un funeste voile de deuil. Seuls ses yeux luisaient sous l’éclat pâle de la lune.

    Elle arriva à la hauteur de la haute palissade de rondins comme une ombre furtive que personne ne semblait avoir vue. Elle se tapit dans l’ombre et se faufila rapidement le long du mur de bois. Elle ne s’arrêtait pas, avançant rapidement et discrètement jusqu’à son objectif. Une odeur. Elle se figea sur place. Elle sentit quelqu’un tout près. Elle huma l’air.

    « Ca pue l’humain… » 

     Elle chercha l’origine de l’odeur. Cela venait de derrière la palissade. Elle se frotta le nez de dégoût avec le dos de la main droite et reprit son avancée. Bientôt son objectif fut juste au-dessus d’elle. Seul l’espace vide des portes ouvertes la séparait de la douce robe. Des pas. Dara se retourna vivement mais ne vit rien dans les ténèbres. Elle commença à se montrer plus méfiante et plaça son arme en évidence. Mais rien de plus. Pourtant, elle était sûre de ne pas avoir rêvé… Elle ramena sa tête vers les portes et plus précisément sur les lourds linteaux en bois massif, encore couverts d’écorce et à peine élagués. Dara entama alors une ascension, rapide, habituée à des exercices plus difficiles, la machette coincée entre les dents. Escalader ainsi était un avantage qu’elle avait sur les vrais loups, la rendant particulièrement douée pour la chasse aux écureuils… Arrivée en haut, juste sous le chemin de ronde, elle s’arrêta à nouveau : le vieil humain était tout près. Et puait tellement que Dara eut envie de vomir. Sueurs, crasse, alcool et même urine, tout pour littéralement agresser l’odorat très développé de l’adolescente. Son mépris des humains augmenta d’ailleurs encore un peu plus. Elle n’avait jamais connu créature plus sale et repoussante que certains humains. N’en pouvant supporter davantage, elle se mit à avancer vers le dessus des portes, silencieuse mais toujours aussi incommodée par les odeurs. Cependant la proximité de sa cible blanche axa son attention ailleurs. Elle s’avança encore et fut enfin à califourchon sur une large poutre à seulement une longueur de bras de « Lenka ». Dara en eut les larmes aux yeux. Une main, un peu tremblante, s’avança vers la fourrure et plongea dans les longs poils encore soyeux. Dara était dans un état indéfinissable. Elle était si heureuse de caresser à nouveau cette douceur maternelle… et en même temps tellement emplie de haine ! Ses doigts se crispèrent quand sa main atteignit la tête empaillée. Ces maudits humains lui avaient donné une expression de monstre, crocs en évidence, les babines retroussées avec des yeux mal peints. Alors que Lenka n’avait toujours été que douceur. Une louve dont Dara gardait le souvenir, comme celui d’une mère souriante, attendrie, devant les jeux maladroits des louveteaux. Elle sentit alors la colère lui nouer la gorge, les yeux la piquer et ses mains se refermer sur la fourrure pour la ramener vers elle et la serrer dans ses bras. Le contact contre sa peau, derrière la boue qui commençait à sécher… Elle eut envie de hurler mais se mordit la lèvre pour ne pas le faire et leva un visage désespéré vers le ciel. Elle voulait pleurer sa mère comme une louve l’aurait fait, en hurlant à ce croissant de lune.  Mais non, elle devait se reprendre, ce n’était ni le lieu, ni le moment. Elle respira l’odeur de la fourrure. Derrière les senteurs de cuir tanné, elle trouva une infime senteur de Lenka. Cette simple odeur nostalgique la fit revenir à la réalité. Elle passa dans un geste la fourrure sur ses épaules, la tête sur la sienne, nouant les pattes avant autour de sa gorge. Et elle se mit en équilibre sur la poutre, accroupie, avant de sauter au sol. Bien trois mètres plus bas, elle se laissa rouler au sol pour adoucir sa chute et aussitôt debout fila vers les ténèbres protectrices de la forêt. Dara souriait à nouveau, mais les larmes avaient fait couler la boue noire de son visage en deux traînées qui révélaient à nouveau le blanc de sa peau.

    Elle fut à nouveau à hauteur du vieux chêne et se dissimula derrière l’énorme tronc pour s’arrêter un instant et calmer son trouble et son cœur qui battait à tout rompre. Cachée, elle planta sa machette dans le sol mou et fit glisser la belle fourrure de son dos pour la regarder encore un peu. Elle la caressa avec nostalgie et émotion. Combien de fois avait-elle voulu avoir cette toison entre les mains ? Combien de fois en deux ans ? Dara n’en avait absolument aucune idée. Mais c’était devenu une sorte d’obsession et cette nuit-là, elle l’avait exaucée. Elle frotta un peu son visage, grattant la boue séchée et découvrant encore davantage son visage. Elle fit de même pour une grande partie de son corps, n’ayant plus à se camoufler. Et voulant profiter du contact de la fourrure. Elle se sentit rajeunir, redevenir ce nourrisson qu’elle réchauffait contre elle, cette toute petite fille qui apprenait à marcher en se tenant à ces poils, cette enfant qu’elle prenait sur son dos pour courir au milieu de leur grand territoire… Que des souvenirs et des sensations que Dara croyait avoir oubliés. Elle se remit à pleurer en silence sur cette peau. Comme ils avaient dû la mutiler… Sa belle mère-louve… Dara resta longtemps ainsi, à rechercher l’amour perdu de sa mère dans le simple et chaud contact de sa fourrure. Et cela aurait pu durer encore longtemps, si brutalement, sa vue ne s’était obscurcie, et qu’une violente douleur à la tête ne l’avait menée à l’inconscience. Elle ne sentit que son corps lourd tomber au sol et sa peau s’enfoncer dans la terre froide.

    Fascinant

    Je suis tombée par hasard sur cette vidéo... Pour amateur d'images insolites, quasi poétiques.


     

    L'enfant des loups (part 1)

    Voici un extrait du récit de la vie d'Elwen. Il s'agit du premier passage du premier chapitre. Elwen a 16 ans, elle vit au milieu des loups et n'a encore eu aucun contact avec les elfes. Elle porte donc encore son véritable prénom: Dara...




    Chapitre 1

    Dara

    Sa main s’était posée sur le sol humide et froid, lentement, en silence, pour ne pas alerter, ne pas faire sentir sa présence. Son souffle était court, ses yeux n’avaient pas quitté une seule seconde sa proie et son corps se muait comme celui du prédateur qu’elle était. Une autre main vint rejoindre le sol. Ses muscles étaient contractés, prêts à se détendre en un instant. Ses épaules et ses hanches suivirent un mouvement ondulant pour ajuster sa posture. Le vent était face à elle et, recroquevillée à présent, elle salivait déjà devant le futur fruit de sa chasse. Dara n’avait aucune intention de le laisser s’échapper. Le daim ne l’ayant pas remarquée, elle avait donc toutes les chances de son côté. Alors elle bondit. L’animal esquiva. Dara s’y attendait et reprit aussitôt ses appuis au sol pour entamer une course qu’elle refusait de perdre. De toute manière, elle le savait déjà perdue. Alors elle fila comme le vent entre les fourrées et buissons verdoyants, ne laissant pas le daim la distancer, semblant tout à coup plus s’amuser que chasser. Elle avait un visage radieux, des yeux rieurs et des réflexes vifs et pourtant gracieux. Les branches et les buissons fouettaient sa peau mais elle s’en fichait. L’excitation de la chasse lui faisait oublier le reste.
    Dara ne pouvait pas le nier, elle aimait sa forêt. Car c’était bien la sienne, son territoire, aussi loin que portait son regard, même depuis le sommet du Pic aux Corbeaux. Elle en était l’Alpha. Et en avait parfaitement conscience. Peut-être trop d’ailleurs car elle ne franchissait jamais les frontières, ni même ne s’en approchait. Courageuse, oui, elle l’était, capable de se battre contre bon nombre d’adversaires, mais sortie de ses terres, elle se sentait en danger perpétuel. Surtout depuis ce jour funeste… Deux années avaient passé, mais Dara ne pouvait oublier… Mais en cet instant de chasse, elle n’y pensait pas et ses sombres souvenirs ne la hantaient pas.
    Son cœur battait de plus en plus vite, elle commençait à s’essouffler, mais savait qu’elle devait tenir. Encore un peu. Elle ne devait pas s’arrêter. Elle fronça les sourcils et tout à coup prit un appui plus marqué sur sa jambe gauche et bondit littéralement sur le daim. Le pauvre animal ne réussit pas à s’échapper et Dara l’entraîna avec elle dans une chute contrôlée. Une suite de roulades où elle planta ses dents dans la chair et ses ongles au travers de la fourrure. Pas pour le tuer mais bien pour l’immobiliser. Au bout de quatre ou cinq roulades, Dara utilisa son corps comme poids et bloqua l’animal : il était à sa merci. Et Dara en était ravie. Pourtant, loin de se déconcentrer, elle lui saisit alors la tête de ses deux mains et lui brisa la nuque d’un coup sec. Le daim eut des spasmes nerveux avant de s’immobiliser au sol, mort. Dara se releva, admirant sa proie et étalant, plus qu’essuyant du revers de la main, le sang qui coulait de ses lèvres. Elle s’étira un instant pour décontracter ses muscles puis se laissa tomber au sol afin d’examiner son butin. L’animal était jeune, peut-être né cinq à six saisons plus tôt. Sa chair devait être tendre et sa viande savoureuse. La jeune fille le regarda avec envie et ne résista pas davantage à planter ses dents dans le cuir, l’arrachant, avant de venir se délecter de la viande rouge, sanguinolente et fraîche. Il ne fallut pas longtemps pour que le sang de l’animal ne se répande sur le sol, sur les mains et le visage de Dara.

    « Tu chasses encore seule. »

    Elle se releva vivement, déjà sur la défensive, mais avec un bon morceau de viande entre les dents. Elle inspecta vivement les alentours jusqu’à ce que ses yeux se posent sur cette ombre familière. Elle baissa sa garde et un sourire accueillit le nouveau venu. Elle laissa sa viande tombée au sol.

    « Oui, encore. Tu me connais, je n’aime pas que l’on pense que je sois faible. Et que mes rivaux pensent que je sois trop dépendante des meilleurs de la meute. Au moins en chassant seule, je n’ai plus rien à prouver à personne.
    _ Tu es trop fière, Dara. Ca te jouera des tours.
    _ Penses ce que tu veux Kern, mais pour le moment, c’est moi l’Alpha, et j’ai été capable de te battre pour l’être…»

    Dara montra alors les dents telles des crocs à l’énorme loup géant au pelage brun qui lui faisait face. Elle paraissait terriblement frêle face à cette masse impressionnante.

    «…Et serait capable de recommencer avec n’importe lequel qui mettra mon autorité en question.
    _ Tout doux Dara, ce n’est pas du tout dans mon intention. Tu es bien agressive, ces derniers temps. Que t’arrive-t-il ?
    _ Je ne vois pas de quoi tu parles. Je ne suis pas différente de d’habitude.
    _ Dara… Pas à moi.
    _ … »

    L’adolescente regarda le loup géant avec un regard fuyant. Et retourna s’accroupir aux côtés de sa proie, avec la ferme intention de continuer son repas.

    « Dara ?
    _ Quoi ?
    _ Dara.
    _ Mais quoi ?
    _ Dara…
    _ Bon ça va, ça va. D’accord, je suis peut-être un peu tendue.
    _ Dara.
    _ Je suis tendue.
    _ Dara.
    _ Arrête Kern, je n’ai pas envie d’en parler.
    _ Dara. »

    Elle soupira. Kern s’avança alors vers elle et vint poser sa tête massive sur l’épaule frêle de la jeune fille. Il grogna doucement. Dara baissa la tête comme une petite fille.

    _ « Salky a eu une nouvelle portée.
    _ Et alors, comme chaque printemps depuis plusieurs cycles de saisons.
    _ Je sais bien. Mais… »

    Dara se fit plus sombre et lança un rapide regard à celui qu’elle considérait depuis toujours comme une sorte de père.

    _ « Salky et moi avons le même âge, et…
    _ Et ?
    _ Et je me sens seule, Kern. Moi aussi je veux trouver un compagnon et avoir des enfants. Moi aussi je veux passer la saison des amours avec quelqu’un.
    _ Tu sais que c’est impossible. Aussi louve sois-tu dans ton esprit, ton corps restera toujours celui d’une humaine.
    _ Tais-toi ! Je suis une louve, et rien qu’une louve. Je ne veux plus que tu me compares à cette race de monstres. Je ne suis pas humaine, je ne le serai jamais !! Tu m’entends !! Jamais !
    _ Mais Dara… Ce n’est que parmi les humains que tu pourras trouver un compagnon.
    _ Non !! J’ai déjà essayé de me rapprocher d’eux, de trouver un compagnon parmi eux. Et le résultat ? Oublies-tu ce qu’ils nous on fait ? Ce qu’ils ont failli me faire? … Ce qu’ils ont fait à Lenka ?
    _ DARA ! »

    Dara se tut. Elle était allée trop loin et les tremblements nerveux qui traversèrent Kern lui firent bien comprendre. Mais elle n’en avait pas peur, elle savait qu’il ne lui fera jamais le moindre mal. Elle posa sa tête contre le museau du loup et passa sa main encore ensanglantée contre le pelage couleur de terre.

    _ « Pardonne-moi. Je sais que Lenka te manque. Elle me manque aussi. Terriblement. Elle était ta compagne tout comme elle était ma mère-louve. Je leur ferai payer un jour ce qu’ils ont fait. Maudits humains…
    _ Cesse de crier vengeance à tout va Dara, Lenka s’est sacrifiée pour que nous puissions fuir. Elle voulait que tu vives, oui, mais que tu sois surtout heureuse. Et la vengeance n’apporte que tristesse. Crois-moi. La vengeance ne console pas.
    _ Je sais. Mais, Kern, je ne peux pas les laisser impunis. Deux hivers qu’elle est morte. Et nous n’avons toujours rien fait.
    _ Et nous ne ferons rien. Tout ce que nous y gagnerons c’est que nos plus solides chasseurs risquent d’être blessés ou tués et que nous devons avant tout protéger les louveteaux. Lenka n’aurait pas voulu que nous sacrifiions nos meilleurs guerriers et protecteurs pour elle.
    _ Mais Kern, ils nous narguent encore en laissant sa peau exposée à l’entrée de leur village. Comme un trophée. Et la voir me donne envie de me battre. Je sens la colère m’envahir à sa seule vue.
    _ Moi aussi je ressens cette colère. Pourtant nous devons nous montrer raisonnables. Tu es devenue l’Alpha de la meute et cela implique des responsabilités. Tu dois avant tout penser au groupe avant de penser à toi-même. Aurais-tu oublié tout ce que je t’ai appris ?
    _ Non, bien sûr que non. Mais… »

    Elle n’ajouta rien. Kern savait ce qu’elle voulait dire. Elle se recroquevilla, les genoux entourés de ses bras et regarda loin devant elle.

    _ « Un jour je récupèrerai sa belle fourrure blanche, Kern… Et un jour aussi, je serai mère.
    _ Tu as le temps mon enfant… Tu as le temps. N’oublie pas que tu vivras bien plus longtemps qu’une louve… »

    Elle se leva alors quittant le doux contact de la fourrure épaisse et chaude et s’avança de quelques pas.

    _ « Ramène ma proie à la meute, et veille à ce que les jeunes en aient bien une part, eux aussi. J’ai besoin de courir un peu. »

    Et elle s’élança, rapide, agile et connaissant les lieux par cœur. Le moindre arbuste, le moindre fourré, elle le connaissait. Mais cette fois, son cœur était lourd et elle cherchait en le faire battre à tout va pour oublier sa tristesse. En courant à perdre haleine, elle n’avait plus à penser, juste à écouter son cœur battre dans ses tempes. Kern pendant ce temps avait pris le daim entre sa gigantesque mâchoire et s’en était retourné vers le lieu de rassemblement de la meute.
    Endurante et agile, Dara restait cependant une jeune fille élancée et fine, à la musculature peu développée que bon nombre de loups voyaient d’un mauvais œil. Ils considéraient que la jeune femme n’avait pas la trempe nécessaire à son rôle, même si elle avait battu Kern en combat singulier pour devenir le chef de meute. Dara courait et il fallait l’avouer, peu d’homme aurait été capable de la suivre dans ce genre d’exercice. Elle arriva alors en haut du pic des Corbeaux, l’un de ses refuges préférés, quand son cœur ou son esprit étaient troublés. C’était une immense excroissance rocheuse de plusieurs dizaines de mètres de haut qui offrait une vue imprenable sur la forêt. Un lieu exposé au ciel et aux quatre vents. Dara s’y sentait bien, libre, et le contact de la terre mêlé à celui du vent lui avait toujours été familier, comme gravés au plus profond d’elle-même. Ce jour-là, ce ne fut qu’à son sommet qu’elle stoppa sa course pour perdre son regard étrange dans les nuages. Oui, son regard. Doré comme de l’or pur, brillant comme le métal précieux. Elle n’avait jamais vu cela comme quelque chose d’étrange, les loups n’avaient-ils pas eux-mêmes les yeux jaunes ? Mais Timnah lui avait dit que ce n’était pas commun chez les hommes…

    _ « Timnah… »

    Dara se remémora le visage de cette seule humaine qu’elle avait aimée et appréciée. Une vieille femme qui avait pris soin du nourrisson qu’elle avait été… Puis elle effaça ce souvenir de sa mémoire. Elle n’avait plus envie de se perdre dans ses souvenirs. Seul le présent comptait. Alors elle s’allongea là, vidant son esprit, les yeux rivés vers le ciel. Elle laissa son corps ne faire plus qu’un avec les éléments qui l’entouraient, laissant le vent jouer avec sa très longue chevelure noire. Et sa peau blanche sentir la roche à peine chauffée par le timide soleil de printemps.



    La lune avait depuis longtemps imposé son dernier croissant dans le ciel nocturne quand Dara se décida enfin à bouger. Mais l’éclat qui brillait alors au fond de son regard n’annonçait rien de bon. Colère, vengeance inassouvie se faisaient sentir, rehaussées d’une nouvelle détermination. Elle avait mis plusieurs heures à peser le pour et le contre, mais elle avait fini par écouter son cœur et oublier sa raison. Cette nuit, elle récupèrerait la peau de Lenka. Et elle ne permettrait à personne de l’en empêcher.
    Elle descendit en quelques bonds de son rocher et s’engouffra dans ses bois. Tous ceux, qui osaient s’y aventurer de nuit, se retrouvaient vite oppressés par l’ambiance sinistre de la végétation, mais pour Dara, cette forêt était sa demeure quelque ait pu en être son aspect. Elle avançait donc d’un pas décidé et comme toujours silencieux. Elle ne rencontra aucun loup, veillant à éviter leur présence et rejoignit la caverne qui depuis plusieurs années lui servait de tanière. Là, dans ce lieu sombre, sous un lit de fourrure, elle avait dissimulé un objet très particulier. Elle répugnait à l’utiliser, mais cette fois, elle avait besoin de plus que ses dents et ses ongles. C’était une machette. Une arme rudimentaire, au manche en os cerclé de cuir et à la lame usée par de nombreux affûtages, une vieille machette pourtant parfaitement aiguisée. Elle leva l’objet dans la maigre lumière de la lune qui entrait dans la grotte et l’examina un instant. La lame était aussi longue que son avant-bras. Et Dara sourit en coin en devinant son propre reflet dans l’acier car elle se voyait comme une louve et l’image de l’humaine qu’elle voyait ressemblait au visage d’une étrangère. Hormis ses yeux.

    _ « Terre-Mère, toi qui guide la meute, cette nuit coulera peut-être le sang. Un sang rouge que tu accueilleras pour te donner la force de redonner vie chaque printemps… Que sous le fil de ma lame les humains tombent. Et qu’ainsi vengeance soit faite. »

    Dara se leva testant la fermeté de sa poigne autour du pommeau de l’arme. Satisfaite, elle posa la machette sur son lit et regarda autour d’elle. Il lui fallait camoufler sa peau trop claire. Elle s’avança alors un peu plus dans sa caverne. Là, dans une petite vasque naturelle, de l’eau s’égouttait lentement. Elle y plongea ses mains et retira l’eau très froide que pouvait contenir ses deux mains jointes et la versa sur le sol poussiéreux. Celui-ci prit aussitôt une teinte noire. Dara répéta plusieurs fois son geste et de cette boue obtenue, la jeune fille se recouvrit le corps, des pieds jusqu’au visage. Elle se roula même dedans pour couvrir les parties de son dos difficilement accessibles. Elle ne fut bientôt qu’une ombre élancée de laquelle il était difficile d’identifier une jeune adolescente de seize ans. Et ses longs cheveux de jais, lâchés et agités par le vent, complétaient son apparence. Et dans tout ce noir, ses yeux dorés semblaient briller : on aurait dit un esprit des enfers revenu hanter les vivants. Elle soupira, cherchant à retrouver un certain calme, celui d’avant la tempête. Puis elle releva son regard en direction du nord, là où se trouvait sa proie. Elle saisit alors la machette dans un geste fulgurant et se remit à courir dehors pour s’enfoncer à nouveau dans les bois. Elle souriait. Un sourire un peu fou, sauvage, avide de sang.

    Elwen, l'origine

    Nombreux sont ceux qui m'ont demandé plus d'informations sur mon personnage fétiche, Elwen. J'ai donc décidé de créer toute une série d'articles sur ce blog pour donner d'avantage d'information sur elle et son histoire. Chacun pourra suivre ces info de manière plus ciblée, car j'ai créé une catégorie spécifique pour cela: "Elwen ...". Dans laquelle je vais rassembler uniquement les articles concernant ce personnage.

    Et tout d'abord sa création. A l'origine, j'ai créé ce personnage pour jouer sur un forum de jeu de rôle, Hundred Legacy. Un ami à moi m'avait "invitée" à m'inscrire et je l'ai fait en ne sachant pas du tout où je mettais les pieds. Et j'ai donc créé Elwen à partir de deux autres personnages à moi:

    - Athina Bendhen, l'héroïne de la BD que j'ai faite durant mon adolescence. Elwen en a hérité son affinité avec les loups, son caractère et sa magie.

    - Dara Duir, personnage que j'incarnais de temps à autre en jeu de rôle sur table. Elwen en a hérité son physique (peau pâle, très longs cheveux noirs), son agilité et sa ténacité.



    De ces deux jeunes femmes, je fis la première fiche personnage d'Elwen que voici :

    .....

    Je me nomme Dara Duir et vu les années que j'ai passé dans les bois auprès des elfes sylvains, on me surnomme Elwen, la jeune fille elfe.

    Je suis devenue une fille des bois, un peu sauvage, un peu voleuse,... Mais surtout il parait que j'ai un don, rare pour une humaine, mais il faut que je retourne parmi les hommes pour le développer...
    Je suis donc de retour parmi mon peuple après plus de vingt ans passés dans la nature...Puisque j'ai exactement 34 ans...

    Physique : 1 m 70, 50 kilo, très longs cheveux noirs et lisses, yeux dorés


    Pouvoir:
    _maîtrise les éléments : Terre et Air
    _communique avec les animaux
    _ressent les émotions des plantes
    _possède une intuition développé comme un sixième sens animal

    Equipement:
    _une épée elfique qu'elle maîtrise parfaitement
    _une cape elfique magique qui permet de se dissimuler parfaitement dans la nature, et presque parfaitement dans les autres lieux
    _un couteau
    _des ustensiles pour préparer des repas, des potions, des remèdes, tout ce que la nature peut offrir.

    Dara ne connaît rien de ses origines, elle n'est même pas sûr d'être totalement humaine. En effet depuis sa plus petite enfance, elle possèdent certains dons étranges: elle parle le langage animal d'instinct, possède un sixième sens, et pratique la magie élémentaire sans jamais l'avoir apprise... Mais surtout, c'est une "meneuse de loups". Jusqu'à ses quatorze ans, elle vivait quasiment comme une petite fille normale. Elle avait été adoptée par une femme des abords de Froisan, Timnah. Cette femme connaissait le puissant lien qui rattachait Dara à ses loups, et l'avait compris et accepté. Mais lorsque celle-ci mourut de maladie, Dara se tourna vers la vie des bois avec ses loups. Toute la meute s'établie au coeur de la forêt de Bath'ière.
    C'est là qu'elle côtoya les elfes sylvains qui lui apprirent entre autre chose le langage elfique, la danse (elle est plutôt douée), le maniement de l'épée, à communiquer avec les plantes... Cela dura vingt ans. Mais, il était temps pour elle de retourner vers les hommes et plus particulièrement vers des mages qui pourraient lui apprendre à contrôler ses dons (qui peuvent parfois se révéler très dangereux!) et peut-être découvrir d'où elle vient...

    combat corps à corps : 14/50
    magie arcane air: 27/100
    magie arcane terre: 14/100
    chant: 5/10
    connaissances nature: 4/5

    A quoi ça sert l'amour

    Le magnifique court-métrage de Louis Clichy : "A quoi ça sert l'amour ?" Edith Piaf et Theo Sarapo (1962) . La qualité de la vidéo laisse un peu à désirer, mais ça vaut le coup d'oeil ...
     
    Pour ceux qui le souhaitent, voici un lien où la vidéo est en bien meilleure qualité.

    Dédi... Cassée

    Le week end a été particulièrement rempli. Je suis allée à ma première convention de JDR, le TIL à Lyon.

    Ma première impression a été que comparé aux conventions manga que j'avais faites il y a quelques années, il y avait nettement moins de monde. Mais rapidement, j'ai trouvé l'endroit agréable et les gens sympathiques, un peu étranges parfois, mais sympathiques. Je me suis donc installée au stand Priax et j'ai commencé à discuter avec tous ceux qui s'intéressaient au livre. Et fort me fut de constater que les gens adorent mes travaux... Bon, je sais c'est pas une surprise vu le nombre de visites que j'ai sur DeviantArt, mais quand même. Avoir des gens si enthousiastes et si attentifs à me voir faire mes dédicaces, c'est terriblement encourageant et motivant.

    Après j'ai réalisé que j'avais quand même un gros souci: je dessine trop lentement pour des dédicaces. Là, ça allait, je n'avais pas des tonnes de demandes. Mais une convention est prévue fin mai sur Paris, j'ai peur que ce soit un autre rendement. Mais j'ai déjà prévu la parade... Un peu de matos (feuilles mi-teintes, feutre blanc, trial gris et micro pointe noire ou grise) et je devrais pouvoir gagner du temps et faire des dédicaces qui ont de la pêche. Mais avant, finir le panoramique de l'écran de jeu...finir le panoramique de l'écran de jeu...finir le panoramique de l'écran de jeu...finir le panoramique de l'écran de jeu... J'y arriverai !!

    Bref, samedi, dédicaces à la chaine, présentation de l'univers, sourire et diplomatie... Si si , diplomatie, parce que y'avait quand même quelques cas trèèès particuliers. Mais rien d'assez grave pour venir me gacher la journée... Au point que le soir venu, je me suis mise à discuter avec Lo et plusieurs joueurs. Et on a particulièrement bien rigoler, en testant un jeu de cartes débile Mega-blast (ou comment détruire le vaisseau amiral de ses petits camarades de jeu en imitant le bruit des lasers... J'ai gagné d'ailleurs... En fourbe... Niark niark niark), le récit des morts les plus ridicules de PJ, le concept de téléphone à War Hammer (si si, terrifiant...), les bourdes de jeu, les plus grandioses, les scénar ruinés en moins de trois minutes, etc, etc. On en avait mal au bide.

    Et ce jusqu'à ... 7 h00 du mat'. Résultat dimanche: levée à 14 h 00, tête dans le pâté, voix séduisante et roque d'un camioneur et incapable d'alligner deux idées cohérentes. Ah ça pardonne pas... Et ce qui me rassure, c'est que j'étais pas la seule \o/

    Bref, bon petit week end qui aide bien à se changer les idées. Et ça j'en avais bien besoin. C'est bon de rire et décompresser après un coup dur...

    Dédicace réalisée durant le TIL, que le bénéficiaire a eu la bonne idée de numérisée et de poster sur le forum de priax (www.priax.net)

    Merci Néotralie